MARIE-CAMILLE RAYNAUD, CHARGEE DE PRODUCTION DANS LE SPECTACLE VIVANT

Pourquoi as-tu choisi l’univers du spectacle ?

J’ai longtemps voulu devenir comédienne, il était important pour moi de défendre des textes d’auteurs. Puis, j’ai eu l’occasion de réaliser un premier stage à l’administration de l’Odéon – Théâtre de l’Europe, et j’ai découvert qu’être autour de la scène était encore plus intéressant qu’être dessus. J’aime l’idée de faire partie des maillons qui conduisent au spectacle, au rêve.

Je suis chargée de production dans une salle de spectacles. Cela signifie que j’organise de manière administrative et logistique des concerts, des soirées et tout type d’événements privés ou publics. Mon quotidien est sur le qui-vive : la journée est généralement intense au bureau, et le soir, c’est le spectacle ! Quand celui-ci commence, la pression retombe, on peut en profiter. Quand le public applaudit, que l’artiste est heureux, le travail est fait.

 

 

Tu es l’une des premières héroines d’Albance, nous en sommes très fières ! Qu’est-ce qui t’a donné envie de collaborer avec nous ?

J’aime l’idée que le vêtement soit le reflet de la personnalité : sur-mesure, élégant et intemporel, c’est mon style ! La rencontre avec Charlotte et Lola a été riche, il y a eu une véritable écoute, un échange. J’ai un travail de relations publiques conséquent, je joue de mon image qui est un atout, où la frontière entre pro et perso est fine (les collègues avec qui on assiste aux concerts deviennent vite des amis). Nos univers se répondent.

J’ai craqué sur la robe droite vert sapin que je porte sur les photos, douce, confortable et féminine : c’est le genre de pièces de mon dressing : une jolie ligne avec une couleur ou un détail qui fait la différence.

 

 

Tu as créé ta propre ligne artistique, Maison Fauve, un contenu d’une exceptionnelle richesse sur Instagram ! Raconte-nous…

Maison Fauve est une conversation entre les arts : les beaux-arts bien sûr, mais également la photographie, avec des textes d’auteur. J’aime créer des échos entre les choses qui m’inspirent. Une idée paraît : la décrivons-nous par le visuel ou les mots ? A chacun son émotion, son langage. J’ai commencé ce travail-là, par besoin de mots (mon passé de comédienne, surement !), sur un médium où seul l’image est mise en avant. Il me manquait quelque chose sur Instagram, j’ai voulu aller plus loin. Maison Fauve, je l’imagine comme un dialogue d’esthète qui refuse toute superficialité.

Nous avons eu le bonheur de savourer un moment précieux entre femmes, autour d’un café. Rappelle-nous ces lectures magnifiques que tu nous as faites !

Je suis venue avec deux ouvrages qui me sont chers : Les Lettres d’Henriette à JJ Rousseau et Le journal de jeunesse de Catherine Pozzi. Ce sont des récits de femmes libres, en avance sur leurs temps : elles écrivent respectivement aux XVIIIème et XIXème siècle, des époques où les femmes sont destinées à être des mères, au service de leur mari, pieuse, obéissante. Le droit des femmes n’est pas encore un rêve. Ce que nous prenons aujourd’hui comme dû est pourtant très récent. C’est ce qui m’a plu dans la philosophie d’Albance : mettre en valeur des femmes fortes, celles qui font avancer le quotidien.